Dans un noir presque absolu, l’Indigo teint l’identité des H’Mông Đú.



Lorsque les mains d’un peuple animiste tissent les pigments de la montagne, elles préservent ainsi l’histoire de ceux qui luttent pour que leur identité ne soit pas effacée.

L’ethnie des H’Mông s’est unie avec les sommets montagneux d’un pays traversé par le Mê Kông, le fleuve mythique et sacré, appelé aussi « Mère des Eaux » ou « Mère de tous les fleuves ».


À travers un monde où les conflits et les conquêtes poussent les populations à fuir leurs terres d’origine, c’est notamment en haute altitude que les ethnies H’Mông, Dao et Tay vivent en simplicité ; de l’élevage et de la riziculture sur les plateaux en terrasses.

Dans la région de Sa Pa, province de Lào Chải au nord du Việt Nam, les hommes et les femmes de ces communautés se distinguent par des vêtements sombres, teints de leurs doigts grâce aux feuilles d’indigo.

Leur artisanat textile se définit également par la broderie ornée de motifs colorés, par le batik (teinture à la cire d’abeille) et le tissage de brocart.









À l’extrémité orientale de l’Himalaya et au nord-ouest du Việt Nam se trouve la zone montagneuse Hoàng Liên Sơn, avec à ses pieds le village de Cát Cát.


C’est dans une initiation à un folklore ethnique que ces cultures sont présentées au monde.


Mais Cát Cát, dans la commune de San Sá Hô, est aussi un lieu qui oscille : entre le partage de ces traditions, qui relient des générations d’histoire et de transmission menacées par la modernisation, et l’exposition de savoir-faire locaux présentés à un tourisme consommant l’apparence d’une culture, avec parfois inconscience.





Le vœu d’une traversée textile en pleine présence s’est réalisé grâce à la rencontre de Man Mei.
De l’ethnie Dao Rouge, elle est une femme remarquable qui partage ses connaissances, son histoire courageuse et le savoir de son peuple.


Parmi la vallée de Mường Hoa et le mont Fansipan (Phan Xi Păng), encore nommé « le Sommet de l’Indochine », nous marchons dans les villages typiques de Ý Linh Hồ, Lào Chải et Tả Van. À pied, dans les rizières, les forêts de bambous et le long de la grande rivière, s’ouvre un mode de vie rustique qui s’adapte aux émotions du ciel.


Man Mei frotte ses mains qui, au fil du temps, deviennent bleues de l’indigo. Il permet de réaliser les teintures textiles, signe distinctif des vêtements de l’ethnie des H’Mông. Cette technique artisanale est une transmission orale de mère en fille depuis des siècles.

La teinture à l’indigo est extraite des feuilles de l’indigotier, cultivé et récolté directement dans les champs ainsi que dans les jardins des villageois. Dans un long processus alchimique, les feuilles sont broyées et fermentent naturellement dans des cuves, puis sont remuées durant plusieurs jours afin de libérer leur pigment.








Les diverses ethnies de ces montagnes incarnent une identité reliée à la Terre, avec des croyances spirituelles où elles exposent avec fierté, leur appartenance à une communauté unie.

Les H’Mông Noir (H’Mông Đú) portent des vêtements sombres: d’un bleu presque noir.
Cette teinte est obtenue par la répétition des bains et une longue exposition au soleil.


Les vêtements teints d’une esthétique sobre, ont été lustrés pour obtenir un tissu solide, lisse et brillant. Après ce lustrage artisanal, ils sont ensuite assemblés et brodés par ces mains de femmes, avec patience et dévotion.


Man Mei m’accompagne jusqu’au village de Giàng Tả Chải avant que nos pas, à l’unisson, prennent doucement des chemins différents.
Entre tissage, broderie et expressions textiles, c’est une marche contemplative où l’union d’une communauté permet de préserver l’incarnation de son authenticité.





Grâce à la conservation de leur savoir-faire, les H’Mông Đú traversent les mouvements du monde et le passage du temps.

« Quel que soit l’héritage de mon histoire,
J’ai la possibilité d’en écrire son prolongement en conscience.
J’ai le pouvoir d’écrire mon histoire. » — Linda Bortoletto








Contact :
Man Mei
+84 35 346 8473
Sa Pa, Việt Nam.